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La propriété intellectuelle n’existe pas

Par propriété intellectuelle, on désigne classiquement l’ensemble des prérogatives accordées sur sa création à l’auteur d’une œuvre de l’esprit. Il peut s’agir de propriété culturelle, concernant une œuvre (une chanson, un texte, une musique, une photo, une peinture, etc) aussi bien que de propriété industrielle, concernant une invention (innovation, dessin technique, marque, etc). Dans le premier cas, la propriété littéraire et artistique est régie par le droit d’auteur, les droits voisins du droit d’auteur et les droits sui generis sur les bases de données et dans le second cas par le droit des marques et le droit des brevets.

Pourtant, par essence, le concept de propriété intellectuelle ne devrait pas exister. En effet, le concept de propriété, i.e l’existence d’une prérogative exclusive sur une chose, ne peut pas s’appliquer sur quelque chose qu’on ne peut aliéner. En droit romain, le droit de propriété se décline en usus, fructus et abusus. Sur ce dernier point, il y a clairement défaut: comment-détruire une oeuvre de l’esprit? comment effacer une idée? Biensur, on peut détruire ou confisquer les supports, contrôler les moyens de copie et de diffusion. Cela est réalisable tant qu’il s’agit de supports physiques dont la conception est compliquée. Mais cela ce complique quand l’œuvre est immatérielle, ou sur un support électronique que l’on peut dupliquer à l’infini à un cout « epsilonesque ». Cela est impossible quand ce sont des personnes comme vous et moi qui véhiculent des idées (à moins de nous lobotomiser, ce qui ne semble pas forcément envisageable). La propriété intellectuelle est donc un concept qui n’existe pas et qui n’a pas de légitimité. C’est un abus de langage pour désigner les législations en charge d’établir la protection des auteurs et des créateurs face au mercantilisme. C’est une dérive sémantique.

 

Peut-on qualifier une violation de la propriété intellectuelle de vol? Propriété soustractive ou additive.

Dans mon immeuble, je range ma bicyclette. Si demain, mon voisin vient à me la pendre, je me trouverai fort dépourvu et piéton. Je me serai appauvri d’une bicyclette. Par opposition, si j’ai une bonne idée et que je la partage avec Pierre, j’aurai toujours mon idée, et Pierre aussi. Je ne me serai ni appauvri ni enrichi (enrichi peut être grâce au débat avec Pierre, car il peut ne jamais s’empêcher de tout discuter ce qui est utile pour faire avancer une réflexion). Il en est de même avec la copie de fichiers électroniques, et cela vaut pour la copie en général. Cela devrait faire réfléchir quand on parle de piratage.

La reconnaissance du droit moral.

Vous avez crée, inventé ou pensé quelque chose, et on vous a copié. D’ici, j’entends déjà venir les cris d’orfraie des auteurs en herbes. « Oui mais c’est mon idée; je l’ai eu en premier ». Certes. Très bien. Bravo. Vous méritez une reconnaissance morale perpétuelle quant à la paternité de votre leg à l’Humanité (pour le meilleur et pour le pire). Je ne vous le contesterai pas, je comprends la soif de reconnaissance comme moteur de motivation et je suis content pour vous; mais je doute qu’une idée jaillisse seule, ex-nihilo, aussi géniaux soient l’esprit et la pensée qui l’ont produit. Une idée nait forcement de l’échange, du vécu, de l’inspiration des autres, de l’amélioration des concepts et des choses existantes. Enfin, une pensée ne peut se construire que grâce à la langue, aux mots, qui sont l’œuvre changeante, collective et vivante de la société. Est-il bien légitime de prétendre à des prérogatives étendues pour un petit ajout à l’œuvre collective? Pensez-vous que personne n’a eu ou n’aura la même idée avant et après? Personnellement, je me pose la question. Toutefois, cette thèse est difficile à défendre en ce qui concerne la création artistique, l’unicité de l’œuvre étant intimement liée à la personne de l’artiste.

La protection du penseur contre le commerçant. Comment vivre de sa pensée.

Jusque là, on est probablement d’accord, mais si la propriété intellectuelle n’existe pas et que la libre circulation, copie et diffusion de toutes les créations intellectuelles est la règle, comment va t’on inciter à la création et à l’invention? Comment va t’on faire pour que ces mêmes personnes qui contribue à l’innovation ou au développement culturel de la société puissent vivre de leur travail? La question c’est posée très tôt, et déjà Condorcet dans les « Fragments sur la liberté de la presse » publiés en 1776 écrivait « Un homme a t’il le droit d’empêcher un autre homme d’écrire les mêmes choses que lui-même a écrites le premier? » et d’en conclure « Ainsi ce n’est point ici une propriété dérivée de l’ordre naturel, et défendue par la force sociale; c’est une propriété fondée par la société même. Ce n’est pas un véritable droit, c’est un privilège, […] » L’essence des lois de 1790, c’est de protéger l’écrivain contre l’éditeur, de protéger l’inventeur contre l’industriel, et bien plus tard, de protéger l’auteur compositeur contre les Majors. Ce n’a jamais été de restreindre la culture à une élite économique, ni de protéger la rente des Majors et des ayants droit face à un public contraint par l’arsenal législatif, ni de priver les bénéficiaires potentiels de nouveaux traitements ou d’innovations majeures pour soutenir des profits privés. L’esprit de lois concernant ce que l’on nomme à tort la propriété intellectuelle, c’est à dire le droit d’auteur et le droit des brevets, c’est de créer un cadre favorisant et dynamisant la création et l’innovation, pas une massue pour racketter le péquin lambda, ni faire fructifier les rentes de certains.

Le modèle économique et la situation de rente: le brevet et le droit d’auteur.

Le brevet, en quelque sorte, est un pacte social. Je divulgue mon invention à tous, et en échange j’obtiens l’exclusivité pendant plusieurs années (20 ans en général), pour en tirer si possible une rente de monopole grâce à la vente de licences ou à l’exploitation directe. Je ne rentrerai pas dans les détails du brevet, ni sur toutes ses critiques et défauts, ni dans le débat sur son efficacité selon les secteurs et selon la durée des cycles de recherche et développement, je n’ai pas assez d’informations à ma disposition pour trancher. Cependant, deux points me gênent particulièrement: l’exclusivité et le fait que les frais de recherche engagés sur le même point par d’autres acteurs soient purement annihilés par le brevet. Si je devais modifier aujourd’hui le système de brevet, je supprimerai l’exclusivité et je la remplacerai par un double système: soit un accord à l’amiable entre l’inventeur et l’industriel (équivalent de la licence) soit un pourcentage des bénéfices de l’industriel reversé à l’inventeur (pourcentage tranché par un tribunal de commerce par exemple). Il n’y aurait donc plus aucun frein à l’emploi d’un brevet. Par ailleurs, il faudrait pouvoir déduire du coût de la licence ou de ce fameux pourcentage des bénéfices reversés les frais de R&D déjà engagé sur le même objet avant la date de dépôt du brevet.

Le droit d’auteur est sensé être le pendant littéraire et artistique du brevet. Il n’en est rien. La simple raison que celui-ci s’applique toujours 70 ans après la mort de l’auteur (il s’applique donc entre environ 70 et 150 ans selon la date de publication et la durée de la vie de l’auteur), au profit de ses héritiers ou de ses ayants droit, me laisse pantois (surtout si on le compare à la durée d’un brevet). Ce n’est plus la recherche d’un équilibre entre la rémunération de la création et la partage de celle-ci, car par essence la littérature et l’art existent pour être partagés. Il s’agit de la plus simple et plus absolue création de rente. Et cette rente augmente d’autant plus que le coût marginal de production d’une œuvre numérique tend vers zéro…

Graphique sur l'évolution de la durée du droit d'auteur en France depuis 1791 (issu de Wikimedia commons)

Les débats que l’on voit aujourd’hui apparaitre avec HADOPI sont plus une question du maintient de la rente des ayants droit (en particuliers les Majors et les sociétés de gestion des droits d’auteur) que de la défense de la rémunération du travail créatif et des artistes. Avec l’apparition d’Internet, du numérique et face à la dématérialisation des supports culturels, cette rente basée sur le contrôle des moyens de diffusion (supports physiques, canaux de distributions) et le modèle économique qui en découle sont directement menacés. Et s’effondreront inéluctablement. D’une façon ou d’une autre, des textes législatifs et des contrôles policiers ne peuvent maintenir que sous perfusion un modèle économique qui n’est plus viable. Enfin, contrairement à ce qu’on nous dit dans le discours officiel, il est loin d’être évident que le fin du système traditionnel de contrôle et de commercialisation de la culture menace les artistes ou la création. Ceux-ci trouveront naturellement, et ont déjà commencé à trouver, d’autres modèles économiques pérennes et d’autres moyens de se financer, en se basant par exemple sur les représentations, les concerts ou d’autres plateformes ou types de diffusion.

La limitation temporelle de la propriété intellectuelle.

Comme on a vu précédemment, les prérogatives accordées par la société au travers du cadre juridique appelé abusivement propriété intellectuelle ne sont ni justes ni naturelles. Elles sont probablement nécessaires dans une certaine mesure, mais pas en l’état actuel. Heureusement, de par la loi et le bon sens, elles sont nécessairement limitées dans le temps: la finalité de toute œuvre intellectuelle étant de tomber inévitablement dans le domaine publique et d’enrichir le patrimoine universel de l’Humanité. Il faut juste se poser la question de la durée adéquate et de l’étendue de ces prérogatives. Pour reprendre la célèbre formule de Proudhon « La propriété, c’est le vol », pour l’instant, la propriété intellectuelle, c’est une escroquerie conceptuelle.

Catégories :Divers, Economie, Politique, Presse

Financement public et création monétaire: pourquoi la moitié de mes impôts va au service de la dette

24 août 2011 3 commentaires

Un bébé dans l'eau devant un hameçon ayant pour appât un billet de un dollar

Crise de la dette

Après le défaut partiel de la Grèce et les plans de sauvetage européens, après les menaces qui pèsent sur l’Espagne et sur le Portugal, avec la dégradation de la note de la dette des États Unis le vendredi 5 août 2011 par l’agence Standard & Poor’s puis celle du Japon le 24 août 2011 par l’agence Moody’s, nous sommes manifestement au début d’une grave crise de la dette publique. A la question « Comment en sommes nous arrivé là? » la réponse « C’est la crise. Tout fout le camp ma brave dame. » éclairera difficilement notre lanterne.

Pour mieux comprendre cette crise de la dette qui défraie l’actualité, trois questions se posent naturellement: « Comment se financent les états? », « Comment et pourquoi les états ce sont endettés? » et « Par qui est créé l’argent qui est prêté aux états? » Une fois répondu à ces questions, nous pourrons discuter ensemble du bien fondé du remboursement de ces dettes et des politiques de rigueur et d’austérité menées partout en Europe et dans le monde.

Financement de l’État

Pour simplifier à l’extrême, l’État (et les collectivités locales), pour financer ses dépenses (services publics, armée, police, routes, éducation nationale, hôpitaux, etc) dispose de 4 types de « ressources » (ou plutôt moyens): tout d’abord celui-ci peut lever des impôts et imposer des taxes ou demander des redevances. Il bénéficie aussi de revenus propres tirés de son patrimoine et des ses parts dans les entreprises contrôlées en partie par l’État. Enfin il peut emprunter auprès de créanciers privés (emprunt qui crée de la dette) ou auprès de la banque centrale en ayant recours à la création monétaire (la fameuse planche à billets qui crée de l’inflation).

Enfin, ça c’était plutôt la situation avant 1973.

Avant 1973, le Trésor public avait l’habitude de se financer auprès de sa banque centrale (la Banque de France) à des taux d’intérêt faibles voir nuls. Celle-ci émettait de la monnaie en fonction de la demande du Trésor, monnaie (libre de dette) qui venait augmenter la masse monétaire en circulation en créant un risque inflationniste. L’inflation, qui correspond à une baisse de la valeur de la monnaie, c’est à dire à une augmentation globale des prix, est une des conséquences de la création monétaire ex-nihilo (en effet imaginons que la quantité de biens reste constante, mais qu’on augmente la quantité des monnaie disponible, le biens s’échangeront donc à un prix supérieur et la monnaie aura donc une « valeur » moindre). Le coût de l’inflation est supporté par les classes populaires et moyennes (avec une diminution immédiate de leur pouvoir d’achat) et par les épargnants (spoliation des épargnants qui voient la valeur de leur cagnotte fondre au soleil) mais c’est en quelque sorte dans l’intérêt général: la planche à billets doit être utilisée pour le financement de projets publics, d’investissements publics ou « parfois » pour boucler le financement de l’État (même si l’équilibre budgétaire de l’État est préférable: il est le signe d’une bonne gestion par les politiques au pouvoir; il traduit un niveau d’imposition suffisamment élevé pour assurer les coûts de fonctionnement de l’État).

Mais depuis 1973, tout a changé. Une toute petite phrase, un tout petit article de loi perdu dans un pavé législatif a changé la donne. Il s’agit de l’article 25 de la Loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la réforme des statuts de la Banque de France (aussi appelée loi Pompidou-Giscard): « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France.» Cet article de loi et ce mode de fonctionnement a ensuite été entériné par l’article 104 du traité de Maastricht, et l’article 123 du traité de Lisbonne.

Article 123 du traité de Lisbonne (ex-article 101 TCE)

  1. Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci- après dénommées «banques centrales nationales», d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.
  2. Le paragraphe 1 ne s’applique pas aux établissements publics de crédit qui, dans le cadre de la mise à disposition de liquidités par les banques centrales, bénéficient, de la part des banques centrales nationales et de la Banque centrale européenne, du même traitement que les établissements privés de crédit.

Cette disposition, anodine en apparence, a tout changé dans le mode de financement des états. Désormais, ceux ci doivent se financer sur les marchés financiers, auprès d’investisseurs et de créanciers privés. Et payer des intérêts… conséquents. Ce mode de financement consacre donc le paiement d’intérêts à des parties privés et l’enrichissement des détenteurs de bons du trésor, qui peuvent ensuite réinvestir dans de la dette publique (garantie par l’État; enfin plutôt par le contribuable). Ce fut la fin de la création monétaire aux mains de l’État. Une certaine perte de souveraineté au profit de banquiers privés en somme, mais j’y reviendrai par la suite.

A cette disposition, c’est malheureusement ajouté notre problème de déficit budgétaire chronique, i.e. le refus d’ajuster les recettes aux dépenses ou vice-versa, c’est à dire la négligence de nos politiques dans la réduction des dépenses publiques ou dans l’augmentation des impôts. On peut parler d’absence de volonté politique, d’incompétence, voire de stratégie volontaire d’endettement, mais là n’est pas le propos. En cas de déficit budgétaire, on ne peut pas rembourser les intérêts de la dette, on va donc réemprunter pour payer les intérêts (à l’image des ménages, que l’on croise dans les commissions de surendettement, qui prennent un crédit pour en rembourser un autre). Au final, c’est la cavalerie. On se retrouve à devoir rembourser plusieurs fois le principal en intérêts.

Un exemple désastreux de l’emprunt public sur nos finances est l’emprunt Giscard (emprunt de 7,5 milliards de francs à 7% sur 15 ans remboursé au final plus de 90 milliards de francs, à cause de son indexation sur le cours de l’or, à cause de son type in fine, et surtout à cause de son taux très élevé de 7% ce qui revient sur 15 ans à multiplier par 2,75). Dans un cas comme celui ci, on peut presque parler de détournement de nos impôts, via le service de la dette, vers des créanciers privés.

A ce stade là, nous avons presque répondu aux deux premières questions que nous nous posions: « Comment se financent les états? » et « Comment et pourquoi les états ce sont endettés? ». Nous allons donc aborder la troisième question « Par qui est créé l’argent qui est prêté aux états? » qui à mon sens me semble essentielle pour comprendre le fonctionnement global de notre système monétaire et de notre système financier.

Création monétaire: Qui crée l’argent?

Il s’agit d’une question fondamentale, et il faut méditer quelques instants la phrase suivante avant de se lancer dans la suite des explications: « Aujourd’hui, l’évolution de la masse monétaire dépend uniquement de l’offre et de la demande de crédit. »

Pour rappel, avant 1973, la création monétaire était à la fois dans la main des banques centrales (via la planche à billets qui créait une monnaie libre de dette) et des banques privés (via le crédit qui crée une monnaie comme contrepartie d’une dette).

Mais depuis 1973 et les dispositifs que nous avons vu ci-dessus, la création monétaire a basculée dans les seules mains des banques privées; il s’agit en réalité d’une immense perte de souveraineté au profit des banquiers.

A ce point, si cela ne vous semble pas clair et que vous n’êtes pas familier avec le concept de création monétaire, je vous conseille vivement de vous lancer dans un de ces deux excellents films de vulgarisation sur la création monétaire.

Money le film

L’argent Dette (2010) de Paul Grignon

L’argent est une dette

L’argent créé par les banques privées est la contrepartie d’une dette. Toute demande de crédit accordée engendre l’augmentation de la masse monétaire (création monétaire) et tout remboursement de crédit induit une diminution de la masse monétaire (destruction monétaire). Il s’agit du mécanisme fondamental de création monétaire. Quand vous vous adressez à une banque pour obtenir un crédit, celle-ci n’utilise pas les dépôts de ses épargnants, elle crédite simplement votre compte client (en échange de votre reconnaissance de dette / garantie sur le bien acheté etc) et elle inscrit à son passif la même somme (l’argent qu’elle vous doit en échange de la reconnaissance de dette). Il s’agit d’une simple opération comptable qui crée de l’argent.

En remboursant le principal, on détruit la monnaie prêtée, mais pas les intérêts dus. Logiquement l’argent dû augmente forcément plus vite que l’argent créé. Il y a donc besoin d’une augmentation perpétuelle de la dette globale ainsi que la faillite d’une partie des débiteurs pour éviter l’implosion du système.

Alors bien sur, dans le cadre de la réglementation bancaire et des réserves obligatoires (réserves fractionnaires), cette création monétaire devrait être limitée (par exemple, avec 1112€ et un ratio de réserve de 9:1, l’effet levier peut opérer jusqu’à jusqu’à 10 000€, il faut calculer la série ∑1112*(0,9)^n de 1 à l’infini, soit 1112*9, soit 10 000€). Avec des ratios plus faibles 20:1, 30:1, 100:1, voir sans ratio, la création monétaire est potentiellement illimitée. L’argent est donc créé comme par magie par des banquiers qui nous font payer le prix fort pour ce grand service. C’est la faiblesse majeure d’un système régit par la théorie perverse des réserves fractionnaires et d’un argent dette. A ce titre, les accords de Bâle III  ne sont qu’un sparadrap apposé sur une gangrène…

Pour résumer, la façon dont est créé la monnaie et la manière dont les états se financent auprès des marchés financiers aboutissent à une chose: un transfert massif et organisé des impôts prélevés sur les classes populaires et moyennes envers une minorité de créanciers.

Quoi qu’il arrive, ce seront toujours les mêmes qui paieront, (classes populaires et épargnant, soit au travers du service de la dette, soit au travers l’inflation) mais quitte à choisir ne vaut il pas mieux que cet argent soit utilisé pour financer des projets d’utilité publique plutôt que pour remplir les poches de créanciers privés. Vu la situation actuelle, un défaut pur et simple (ou une nationalisation des banques) et un basculement de système monétaire (vers un système à masse monétaire fixe, ou à croissance monétaire régulée, ou vers un système alternatif) seraient une solution. Mais à quel coût et avec quelles conséquences internationales?

J’appelle de mes vœux, pour un jour proche ou lointain, un nouveau système monétaire dans les mains des états ou des citoyens pour remettre la monnaie à sa place: c’est à dire dans son rôle d’extraordinaire moyen d’échange entre les hommes et dans son rôle de développement économique, et non comme un joug ou un moyen d’asservissement des peuples dans la main des « banquiers ».

De nouvelles idées surgiront et de nouveaux systèmes monétaires seront créés. Je pense en particulier à la monnaie virtuelle Bitcoin. Elle est à la fois une très bonne idée (système novateur et indépendant d’une autorité centrale) et une très mauvaise idée (pas de contrôles possibles, difficulté pour lever des impôts pour financer la puissance publique, monnaie déflationniste car à masse monétaire fixe). Mais c’est un moyen qui peut être amélioré; l’idée séduisante d’une crypto-monnaie peut s’améliorer par l’ajout d’un moyen de prélever des taxes (comme la TVA), par l’introduction d’une courbe de croissance de la masse monétaire connue (logarithmique par exemple), par l’interdiction de l’usure (nécessairement en dessous du taux de croissance de la masse monétaire sinon captation de la monnaie par les créanciers), par l’introduction d’un moyen de contrôle monétaire exceptionnel par une banque centrale (pour lutter face aux contraintes externes exceptionnelles).

Pour conclure, il est à mon sens essentiel, après la réflexion sur la simplification et la progressivité de l’imposition, et celle sur l’équilibre budgétaire, de remettre au cœur des débats publics le thème de la création monétaire et du financement public.

Mais qui cela intéresse-t-il?

Catégories :Economie, Politique

Pour une révolution fiscale. Un ouvrage à lire.

Il est rare que je parle de sujets d’actualité voir de sujets politiques. Mais une fois n’est pas coutume. Je vais donc vous parler d’un livre publié ce mois ci:

Pour une révolution fiscale
Un impôt sur le revenu pour le XXIème siècle.

Camille Landais (chercheur au Stanford Institute for Economic Policy Research)

Thomas Piketty (professeur à l’Ecole d’économie de Paris et directeur d’études à l’EHESS)

Emmanuel Saez (professeur à l’Université Berkeley)

www.revolution-fiscale.fr

Pour une révolution fiscale est un petit livre (d’un peu plus d’une centaine de pages) qui traite d’une façon simple et claire d’un sujet très sérieux: la fiscalité.

“Ennuyeux!” me direz vous. Loin de là! Écrit par trois professeurs d’économie, ce court ouvrage a le grand mérite de revenir de façon chiffrée et simple sur la situation de l’impôt en France et de proposer une réforme. Il défend un impôt simple (compréhensible par tous), transparent, juste (à revenu égal, impôt égal) et efficace (c’est à dire avec des mesures concrètes applicables dès 2013).

Rapidement, je vais vous exposer les points d’intérêt de ce livre et vous expliquer pourquoi il est utile de l’avoir lu avant 2012.

Tout au long de ses pages, les auteurs reviennent sur la situation économique et fiscale de la France, base essentielle pour comprendre le système actuel et leur projet de réforme. Tout d’abord, ils nous rappellent la répartition des revenus en France et la répartition des patrimoines au sein de la population. Ils détaillent la répartition travail/capital (75%-25%) dans le revenu national et dressent la part des prélèvements obligatoires dans ce revenu national.

Ensuite, ils reviennent rapidement sur les aspects historiques de la fiscalité en France (création de l’IRPP en 1914,  de l’IGF en 1981 (devenu ISF en 1989) et de la CSG en 1990) et sur le pourquoi et comment de ces impôts et de leurs évolutions (baisses effectives, niches, augmentations, etc.)

Enfin ils présentent succinctement, au travers d’un analyse numérique, le fonctionnement actuel des différents impôts (en particulier IRPP et CSG) et des prélèvements obligatoires.

Ils montrent, chiffres à l’appui, que le système actuel est faiblement progressif, voir franchement régressif pour les revenus les plus élevés et proposent une explication en décomposant le système fiscal par types d’impôts : impôts sur le revenu (IRPP et CSG), impôts sur le capital (IS, ISF, TF, DMTG), impôts sur la consommation (TVA et autres) et cotisations sociales et taxes sur les salaires.

En passant, l’ouvrage revient sur de nombreux préjugés fiscaux qu’il est de bon dénigrer et ne sombre pas dans la démagogie fiscale et les solutions simplistes.

Non content, de dresser le portrait du système actuel et de l’analyser, les trois auteurs proposent des pistes pour une réforme fiscale via un projet de réforme de l’impôt sur le revenu. Et ils font cela dans un but de simplification, de transparence, de neutralité et de justice sociale de l’impôt, c’est à dire pour en finir avec la régréssivité et la complexité actuelle (dus aux niches incessantes) qui ne bénéficient qu’à une minorité de contribuables.

Il s’agit donc de revenir aux fondamentaux du principe d’imposition:

  1. à revenu égal, impôt égal
  2. et cela en prenant en compte l’ensemble des revenus, aussi bien ceux issus du travail que ceux issus du capital.

Dans les grandes lignes, leur ouvrage propose comme plan d’action la suppression de l’IRPP et la refonte de la CSG dans un nouvel impôt progressif (assiette de la CSG et barème progressif que l’on peut adapter en fonction des types d’orientation politique) tout en assurant la continuité du financement de la sécurité sociale.

Ce livre propose aussi l’individualisation de l’impôt qui favorise la reconsidération du travail des femmes et permet en outre la fin du regard critique et moral de l’état à l’endroit des choix de modèle familial (avec par exemple des mesures comme la suppression du quotient familial, remplacé par un crédit d’impôt par enfant).

D’autre mesures comme le maintient et adaptation de l’ISF (aujourd’hui remis en cause) et l’harmonisation des cotisations patronales au travers d’une cotisation patronale généralisée (CPG) sont évoquées.

Enfin, le site web http://www.revolution-fiscale.fr/ propose, en plus des graphiques du livre, un simulateur qui permet à chacun d’évaluer l’impact d’une réforme fiscale.
Ce simulateur est accessible à tous, et en particulier aux élus, pour qui l’accès au chiffrage des mesures fiscales est  indispensable mais difficile d’accès (car dépendant de Bercy)

Pour conclure, c’est donc un ouvrage qui permet d’avoir les idées claires sur les notions fiscales avant de se faire balader lors de la prochaine campagne électorale par des chiffres faux et des positions malhonnêtes; c’est un livre clair, simple et facile de lecture (du moins les chapitres 1 et 2 le sont, le 3 étant un peu plus confus/difficile).

Il devrait permettre d’ouvrir un débat sain sur la fiscalité en France avant 2012 et de poursuivre dans le plus grand intérêt du contribuable une démarche de simplification, de transparence et de justice (ce qui fait aujourd’hui défaut, sur les trois points, à la fiscalité française).

Je ne peux donc que vous conseiller de le lire (ou au moins de consulter le site web) car il est grand temps de remettre la fiscalité à sa place dans le débat démocratique et donc de se saisir du sujet.

N’oubliez pas: le sujet de l’impôt doit être une priorité pour 2012, car l’injustice fiscale et la défiance des contribuables signeront à terme l’échec du système et que sans impôt juste il n’y aura point de projet commun pour notre société et pour la France.

Catégories :Politique

XMind, un logiciel de mind mapping et de brainstorming

J’ai découvert en mai dernier XMind : c’est un petit logiciel open source de mind mapping édité par XMind Ltd. Après l’avoir utilisé à plusieurs reprises au cours des derniers mois, je suis convaincu de son potentiel et de son utilité (certains de mes camarades peuvent témoigner que je leur ai cassé les pieds avec) . Je vais donc vous le présenter plus en détail.

Le Mind Mapping, c’est quoi?

Tout d’abord, le Mind Mapping est souvent traduit en français par carte heuristique. C’est un joli mot mais à priori ça nous fait une belle jambe. Wikipedia, dans sa grande sagesse, nous rappelle que le mot heuristique vient « du grec ancien εὑρίσκω, eurisko, « je trouve » ». Il s’agit donc d’une carte d’idées ou carte mentale, ou encore carte conceptuelle ou schéma de pensée, qui est le plus souvent représenté(e) sous la forme d’une arborescence.

XMind est donc un logiciel qui permet de représenter très simplement ce genre de carte (voir ci dessous). Il est en particulier très utile pour organiser ses idées, préparer un projet, voir réaliser un brainstorming avec ses collègues.

 

Il peut permettre d’étayer une réunion ou un brainstorming en temps réel ou de réaliser facilement un petit compte rendu graphique. Pour ma part, je l’ai utilisé lors de mes différents stages pour faire la synthèse de réunions, pour m’aider à l’organisation et la présentation du travail mais aussi pour faciliter la gestion de projets en groupe.

En comparaison avec les autres logiciels de mind mapping (comme FreeMind ou MindManager), les points fort de XMind sont les suivants :

  • il est très simple de prise en main et quelques clics suffisent (majoritairement les boutons Enter et Tab) pour bâtir un arbre et l’organiser.
  • il est riche en options et en thèmes pour diversifier ses cartes (différentes structures de carte, icônes, flèches, structurations, mise en relief).
  • il est open source et multi-plateformes (et ça c’est déjà beaucoup) car écrit en Java et basé sur RCP (Eclipse Rich Client Platform).
  • le format est ouvert (format .xmind qui dérive du XML Document).
  • il est possible d’exporter ses cartes dans différents formats (Freemind, HTML, image .png et même en .pdf avec la version gratuite mais il faut ruser en utilisant l’imprimante virtuelle) et de les stocker/partager en ligne sur le site de XMind.
  • il est possible d’importer d’autre formats (Freemind, Mindmanager).

Enfin, ce logiciel a été primé à plusieurs reprises : il a été choisi comme « Eclipse RCP application 2008  » par la communauté de développeurs d’Eclipse, « Best project for academia 2009  » par la communauté de développeurs de SourceForge.net et séléctionné par PCWorld pour le « Productivity Software: Best of 2010 « .

Pour conclure, ce petit logiciel est très simple d’utilisation et très intéressant. Il peut vous offrir de nouveaux moyens pour développer vos idées, organiser votre travail ou illustrer une réunion. Je prends du plaisir à l’utiliser et je vous recommande vivement de le tester.

Vous pourrez télécharger XMind gratuitement sur xmind.net et trouver d’autres opinions sur ce logiciel ici et et des exemples de carte sur leur site.

Catégories :Divers, Informatique

HTC Wildfire, un petit smartphone qui joue dans la cour des grands

30 octobre 2010 2 commentaires

Quand on dit smartphone, on pense d’abord à l’iPhone et à sa célèbre mouture numéro 4. En bon geek qui se respecte, j’ai été un inconditionnel de l’iPhone à ses débuts, mais après quelques mois, le désir de changement et de nouveauté s’est fait sentir.

Heureusement pour moi (ou malheureusement, c’est selon), ce dernier a succombé prématurément à ses blessures suite à une chute lors d’une soirée mouvementée. La question suivante s’est donc posée au smarthone-dépendant que je suis : dois-je réinvestir une somme prohibitive dans le grigri de la marque à la pomme ou me laisser tenter par les nouveautés des autres constructeurs?

J’ai finalement opté pour le taïwannais HTC et son smartphone HTC Wildfire. Le Wildfire, c’est le petit frère du HTC Desire, téléphone haut de gamme et concurrent direct de l’iPhone 4. A vrai dire, il n’a pas grand chose à envier à son grand frère, si ce n’est les détails techniques (comme le processeur, 528 MHz contre 1GHz, et la mémoire, 512 MB de ROM pour les deux et 384 MB de RAM pour le Wildfire contre 576 MB pour le Desire). Au niveau de la mémoire externe, il est équipé d’une carte microSD de 1875MB en série (et gère jusqu’à 32GB).

Au niveau de l’écran tactile, celui ci est plus que confortable (3.2″), même si il est légèrement plus petit que celui de l’iPhone (3.5″) et du HTC Desire (3.7″). Le tactile est un tout petit peu moins souple que sur l’iPhone mais en rien gênant. Vous devrez cependant faire attention avec vos gros doigts (tant que vous n’avez pas les paluches de Chabal, c’est bon). Je ne vais pas rentrer plus en détail dans les aspects techniques, ni faire de benchmarking, car vous trouverez toutes les caractéristiques techniques ici (à comparer avec celles du Desire ici et celles de l’iPhone 4 ici).

Une bonne nouvelle pour vous, c’est qu’il tourne sous Androïd 2.1 (Eclair) avec, confirmée par HTC (quelque part sur leur compte twitter… j’ai pas trouvé), une mise à jour vers Androïd 2.2 imminente (j’y ai cru aujourd’hui quand j’ai fait une mise à jour système mais apparemment non). Le bon coté, comparé à mon ancien iPhone, c’est que ça va vite et que ça gère le multi-tache (ne me parlez  pas de iOS4, sur un 3G ou 3GS, ça tue la bestiole). Au final,vous pouvez utiliser facilement plusieurs applications (4 ou 5, comme les mails, les widgets, FB, etc) sans ralentissement du téléphone.

Le deuxième bon point va à l’interface HTC sense (surcouche d’Androïd), très pratique et ergonomique, qui favorise « l’expérience tactile » (oui ce n’est pas de moi). On y retrouve les fameux widgets d’HTC. Ceux ci sont un vrai plus par rapport à l’iPhone et ses applications, surtout l’horloge météo, la barre de recherche google intégrée, FriendStream (mon préféré) un widget pour accéder en même temps à Facebook et Twitter, l’Agenda et les Actualités : plus besoin d’ouvrir une application, il suffit de glisser entre les différents écrans.

Un autre plus, dont je n’ai cependant pas trop l’utilité : le partage d’application; il est simplissime. Là, c’est à vous de convaincre vos copains d’acheter un HTC.

D’ailleurs, en parlant d’applications, vous trouverez tout le nécessaire sur l’Androïd Market, aussi simplement que sur l’iTunes Store. On y retrouve les grands succès de l’iTunes Store (AroundMe, SNCF Direct, Pages Jaunes, RATP, Air Controller, etc). Par ailleurs, je vous conseille d’installer, en plus des applications par défaut (GMail, YouTupe, GoogleMaps), l’excellent navigateur d’Opéra : OpéraMini.

Sinon, on va passer rapidement sur la connectique : Wifi IEEE 802.11 b/g (dommage pour le n), 3G, EDGE, GPRS, etc, rien que du bien classique (et normal) pour un smartphone. Il existe aussi une sortie jack 3,5mm pour les écouteurs (histoire de laisser tranquille votre voisin dans le métro ou le tramway) et une connectique microUSB (pour le connecter à l’ordinateur).

Au niveau de la batterie, il tient largement une journée en utilisation intensive et jusqu’à 5 jours sans les datas (quand vous êtes au milieu de nulle part par exemple).

De façon générale, il est d’une prise en main simple, mais tout de même un peu moins facile que celle de l’iPhone (il y a plus d’options et plus de possibilités de personnalisation). Pour la synchronisation, comme tout (mail, agenda, contact) passe par votre compte Google, plus besoin de le connecter à votre ordinateur. On regrette cependant que l’application HTC Sync (pour la musique et autre) ne soit disponible que pour Windows, et non pour Mac OS X ou Linux. Cela dit, vous n’avez pas besoin de cela (car le téléphone se monte comme une clé USB) pour ajouter de la musique et vous pouvez retrouver l’équivalent d’iTunes avec doubleTwist. On regrette aussi la synchronisation des signets, comme cela existe entre le Safari du Mac et celui de l’iPhone.

Pour conclure, le HTC Wildfire est un très bon produit et se classe très honorablement parmi les smartphones en cette fin de l’année 2010. Destiné à une clientèle plus jeune et moins fortunée (avec un prix nu autour de 250 euros et en dessous de 150 euros en renouvellement),  son prix en fait un smartphone abordable et très compétitif.

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Ubuntu 10.10 Netbook Edition est arrivé.

15 octobre 2010 1 commentaire

Ça y est, la version 10.10 de Ubuntu (Maverick Meerkat) est arrivée : sortie le 10 octobre 2010 (101010, lire 42 en binaire) après plusieurs mois de travail, cette version amène quelques petites nouveautés.

Bien que ces temps ci je sois perdu au fond de la campagne et malgré une bande passante qui frôle le 56k, j’ai eu le plaisir de l’installer (et de la tester) pour vous.

En particulier, la version Ubuntu Netbook Edition. Elle change de sa grande sœur par sa nouvelle interface graphique, Unity : c’est, en gros, un interface très simplifiée, qui permet un accès rapide à internet et aux logiciels de base (Evolution pour les mails, Firefox pour la navigation, …). La barre de menu est verticale et placée par défaut sur la gauche : cela libère de la place sur la verticale pour profiter au maximum du petit écran de votre netbook. Elle a de plus été pensée pour être compatible avec les écrans tactiles.

Une petite astuce soit dite en passant : pour ajouter une icône sur le lanceur, lancer l’application, puis clic droit sur l’icône, et choisir « conserver dans le lanceur ». On va dire que j’ai cherché un petit moment… Pour supprimer, clic droit, « retirer du lanceur ». Et pour déplacer, un drag & drop, en passant par l’extérieur du lanceur.

Niveau réseaux sociaux, pas de grandes nouveautés par rapport à la vesion 10.04 LTS : Gwibber reste un client léger est simple pour consulter Twitter et d’autres réseaux.

On note par ailleurs une amélioration de Rhythmbox, qui ressemble de plus en plus à un iTunes pour Ubuntu : la Musique, les Podcasts, les Radios, les différentes boutiques en ligne, l’intégration de Ubuntu One, et la version 3 de la logithèque Ubuntu qui intègre des dépôts tiers, partenaires et propriétaires.

Pour conclure, Ubuntu Netbook Edition est une version pour les netbooks qui est : grand public, très pratique, facile de prise en main, ergonomique et rapide. Vous pouvez lire différents commentaires à son sujet ici et . Je ne peux que vous conseiller de la tester ou de faire la migration depuis votre version antérieure.

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Chiffrer son /home sous mac ou sous linux

Lorsqu’on a un accès physique à une machine, il est très facile d’avoir accès aux données présentes sur un ordinateur et sur ses disques durs. En effet, même lorsqu’on ne dispose pas du mot de passe de session, l’utilisation d’un bon live cd fait l’affaire : on démarre via le live cd, on « monte » le disque dur et le tour est presque joué.

Pour éviter quelques mauvaises surprises en cas de perte ou de vol de votre matériel, chiffrer ses partitions est un moyen efficace de se protéger et de protéger ses données. Evidemment, si on perd les clés, cela peut aussi poser quelques problèmes pour récupérer ses données.

Les solutions sont nombreuses, et elles ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients. Vous pouvez choisir de chiffrer le disque en entier, certaines de vos partitions, votre swap et votre home, votre /home, ou juste certains dossiers ou fichiers. A chacun selon ses besoins…

Ici, je me propose de vous présenter deux solutions simples pour chiffrer votre dossier de départ ou /home/you sur Mac OS X et sur Ubuntu : une protection simple, relativement sure (bien sur les paranoïaques diront que c’est insuffisant mais on parle de protection de la vie privée, non de secrets d’état), qui chiffre et déchiffre à la volée et est relativement peu gourmande en ressources.

Chiffrer son dossier de départ son Mac OS X avec FileVault:

Sous Mac OS X, la solution est presque livrée clé en main avec l’outil FileVault : c’est un outil qui permet de chiffrer votre dossier de départ avec AES-128.

La mise en place est extrêmement simple : vous devez à priori vérifier que vous avez autant d’espace libre sur votre disque, que la taille de votre dossier de départ (en effet il va être copié). Ensuite, dans les préférences, choisir le menu sécurité, puis l’onglet FileVault. Définissez le mot de passe principal (un mot de passe filet de sécurité qui vous permettra de récupérer vos données si vous oubliez votre mot de passe de session). Cliquez, sur « Activer FileVault ». C’est gagné. Vous n’avez plus qu’à attendre, l’opération pouvant être relativement longue.

Pour plus de détails, vous trouverez la notice officiel en français sur le site d’Apple ici.

Cependant, FileVault permet seulement de chiffrer le dossier utilisateur et pas malheureusement le disque entier ou de simples fichiers ou dossiers. Il limite aussi les possibilités offertes par TimeMachine, le logiciel de sauvegarde automatique de Mac OS X: les sauvegardes ne sont plus effectuées fichiers par fichiers, avec sauvegarde des modifications, mais désormais en copiant le dossier protégé par FileVault en entier, ce qui à pour conséquence d’allonger le temps de sauvegarde et l’espace occupé par les sauvegardes.

Chiffrer son /home/me sous ubuntu:

Sous Ubuntu, choisir de chiffrer son /home lors de l’installation est encore plus trivial : il suffit de cocher « Demander mon mot de passe pour ouvrir une session et déchiffrer mon dossier personnel ». C’est tout (pour le moment).

Pour récupérer vos données, il vous faudra rentrer votre mot de passe de session (passphrase de login). C’est ce mot de masse qui sert à chiffrer la passphrase de montage (passphrase qui sert à chiffrer votre dossier). A l’image de mot de passe principal sous Mac OS X, il est bon de garder dans un coin votre passphrase de montage au cas où vous oublieriez votre mot de passe de session.

Pour récupérer cette passphrase de montage, ouvrez un terminal et tapez:

ecryptfs-unwrap-passphrase

Puis entrez la passphrase de login dans le shell. Gardez là dans un coin (pas sur un post-it sur l’écran!), on ne sait jamais.

Si vous désirez chiffrer votre /home après installation, les choses se compliquent (un peu).

Vous devez tout d’abord vérifier que vous disposez de beaucoup d’espace libre (2,5x la taille de votre dossier utilisateur, soit un /home/ remplissant au maximum 1/(1+2,5)=28,5% de la partition). Ensuite, installez le pacquet ecryptfs-utils :

sudo apt-get install ecryptfs-utils

Ensuite, vous devez exécuter le commande suivante, sans utiliser aucune ressource de l’utilisateur (pas même un shell), vous devez donc redémarrer, passer en TTY (Ctrl+Alt+F1), vous connecter en root et exécuter:

ecryptfs-migrate-home -u USER

Encore une fois, vous devez patienter un temps relativement long. Une fois terminé, vous pouvez vous connecter avec l’utilisateur et si tout c’est bien passé, ça marche nickel. En cas de pépins, vous aurez préalablement sauvegardé votre /home/you (hein!?) donc vous restez zen quoiqu’il arrive. Il ne vous reste plus qu’à effacer l’ancien dossier personnel (toujours en clair) qui est dans /home/USER.xxxxxx .

Je vous recommande vivement de lire un article très intéressant, détaillé et complet sur le chiffrement de votre dossier personnel sous Ubuntu sur le blog de Rom avant de réaliser cette opération. Vous pourrez alors saisir les détails, quelques subtilités et trouver des compléments (comment récupérer ses données chiffrer en montant son disque via un live cd et en entrant la passphrase de montage, etc).

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