Archive

Posts Tagged ‘Open Data’

Qu’est ce que l’Open Data?

14 juin 2010 2 commentaires

L’Open Data est un sujet à la mode. Avec la récente délibération lors du Conseil Municipal de la ville de Paris (du 8 juin 2010) à propos de la diffusion des données publiques et l’adoption d’une résolution, le sujet est brûlant d’actualité.

Qu’est ce que l’Open Data?
Avant tout, il s’agit de définir l’Open Data, et de façon plus générale l’Open Knowledge. On peut déjà rassembler différentes notions (dont on pourrait traduire/franciser les noms bien qu’elles soient le plus souvent évoquées via leurs noms anglo-saxons) sous le nom d’Open Knowledge (Libre connaissance): l’Open Data (Données publiques/ouvertes), l’Open Content (Contenu libre) et l’Open Access/Services. L’Open Knowledge Foundation propose la définition suivante de « l’Open » (OKD) : une connaissance (une oeuvre, par exemple une musique, un livre, ou un film,  des données, par exemple une publication scientifique, un fait historique, une donnée géographique, une information gouvernementale ou une donnée administrative)  est « libre » (lire « Open » si vous êtes « adict » des anglicismes) si vous êtes libre de l’utiliser, la réutiliser et de la redistribuer, sous réserve d’en respecter la paternité et de la partager à l’identique (il y aussi d’autres subtilités comme l’absence de restriction technologique et autres que vous trouverez ici).

Cela nous rappelle assez clairement la définition de l’Open Source, et ça tombe bien puisque cela correspond aussi à 2 des 6 licences Creatives Commons (les deux dernières de la liste).

Quelle est la raison d’être de l’Open Knowledge?

Les défenseurs de l’Open Knowledge soutiennent que certaines données doivent être publiques dans l’intérêt général et pour le « plus grand bien ». Dans les faits, certaines données ne peuvent être considérées comme la propriété (intellectuelle) de quelqu’un, par exemple le génome humain (Kent, 2002), les faits historiques, les données géographiques, etc.

On retrouve la vieille opposition entre l’intérêt général qui suppose que la majeure partie des connaissances (exceptions faites des données personnelles, et de certaines technologies militaires) soient accessibles à tous (rendre le savoir universel, en médecine, en sciences, en mathématique, culture, etc) et l’intérêt privé qui cherche à valoriser ces mêmes connaissances (en contribuant à les produire et à les utiliser) et qui les protège via des brevets, des licences et des restrictions.

Quel est l’intérêt de l’Open Data/Knowledge?

Aujourd’hui l’OpenData, dans le cadre des grandes métropoles, des gouvernements, et des organismes publics de recherche, c’est en quelque sorte rendre accessible au citoyen les données publiques (qui il a souvent financé via ses impôts) sans le lui facturer (une deuxième fois).

C’est l’opportunité de développer des applications innovantes, d’améliorer les services et de créer de « la croissance » économique. C’est aussi une façon d’assurer la transparence publique, de créer une nouvelle sorte de gouvernance et de rapprocher l’état et ses citoyens.

Des exemples de par le monde :

Les exemples les plus récents et connus sont ceux des gouvernements américain et britannique (avec leur data.gov), et des grandes métropoles comme New York, San Francisco, Londres, Vancouver. Sous la pression de lobbys citoyens, les institutions ont rendu accessibles de nombreuses données (transports en communs, vélos, bureaux de vote, accessibilité des stations de métro, travaux en cours, etc.), qui sont utilisées aux travers d’applications innovantes (pour, par exemple, trouver un taxi, ou un quartier qui bouge, ou bien d’autres choses, ma préférée et la plus impressionnante étant Macrosense).

Des exemples en France :

En France, l’Open Data se met en place tranquillement, pour ne pas dire lentement. C’est l’APIE qui se charge de recenser les données publiques. Cependant, cette administration propose avant tout des licences propriétaires (voir la FAQ sur son site) dont le but est d’assurer le propriété intellectuelle des contenus, et donc logiquement de générer des revenus, au détriment des utilisateurs (citoyens ou entreprises qui ont parfois déjà financé ces données via leur impôts). C’est le cas avec les données de Météo France, ou les cartes de l’IGN ou du SHOM (voir cet article Etat des lieux de l’OpenData en France).

Pour ce qui est des réalisations, Rennes est la ville précurseur en la matière, avec depuis mars 2010 l’ouverture des données de l’opérateur de transport en commun Keolis Renne (voir ici). D’autres villes semblent vouloir suivre le mouvement d’ouverture des données publiques, comme à Paris (mais on est encore un peu loin de l’Open Data, voir ici).

Je vous conseille à ce sujet un article très intéressant du magazine numérique OWNI.

Comment traiter ces données?

La mise en place de l’OpenData, et cela semble évident pour des raisons d’inter-opérabilité et de portage, passe par la standardisation et l’utilisation de formats ouverts (voir définition ici). Face à l’immensité des métadonnées disponibles, des sites comme GapMinder permettent de traiter ces données et de générer ses propres graphiques.

OpenStreetMap

OpenStreetMap, un exemple populaire d’un travail libre et collaboratif

Un des exemple les plus connus (et parmi les plus utiles) de l’Open Data est le projet OpenStreetMap qui permet de contribuer grâce à vos propres enregistrements GPS à une base géographique libre. Ces cartes sont libres de droit (contrairement à celles de l’IGN ou celles du SHOM) et vous pouvez en toute liberté les reproduire, les modifier et les améliorer.

Enfin, nous pouvons faire une dernier clin d’oeil au site NosDéputés.fr qui récupère des informations publiques sur le site de l’Assemblée Nationale et du Journal Officiel pour rendre compte de l’activité de nos parlementaires.

Si le sujet de l’Open Data vous intéresse, vous trouverez d’autres articles sur le site RegardsCitoyens.org, sur le site de l’entreprise BearsTech et sur le blog Libertic.

Publicités